Traite des êtres humains : le CNIN participe à la planification du projet PROTECT pour lutter contre le phénomène

Pendant deux jours, les mardi 13 et mercredi 14 octobre 2026, la Direction générale des politiques de développement du Ministère de l’Économie et des Finances a organisé à l’Hôtel Azalaï de Cotonou l’atelier de planification des activités du projet PROTECT au Bénin. Appuyé par l’Agence française de développement (AFD) et Expertise France, ce projet vise à Prévenir la traite des êtres humains par le Renforcement Opérationnel, le Transfert de compétences, l’Echange entre partenaires et la Coopération Transfrontalière. Le Centre National d’Investigations Numériques (CNIN) a pris part aux travaux, aux côtés des administrations publiques, des organisations de la société civile et d’autres partenaires techniques. La première journée de l’atelier a posé le cadre de la mission en se basant sur l’impact attendu au Bénin. Les participants ont examiné la stratégie nationale de lutte contre la traite des personnes et son plan d’action, tous deux couvrant la période de 2027 à 2031. Une consultante a ensuite restitué les résultats d’un diagnostic consacré aux dimensions de genre de la traite au Bénin.
Ce diagnostic révèle un paradoxe. Le cadre juridique béninois s’est nettement renforcé, mais sa traduction concrète reste inégale tout au long de la chaîne pénale. Le pays ne dispose pas encore d’un mécanisme national de référencement ni de procédures opérationnelles standard propres à la traite. Les chiffres traduisent cette fragmentation. En 2025, l’Office central de protection des mineurs, de la famille et de la répression de la traite des personnes (OCPM) a interpellé 27 personnes soupçonnées de traite. Le devenir judiciaire de ces dossiers reste pourtant difficile à suivre, d’autant que les faits sont souvent poursuivis sous d’autres qualifications, comme l’enlèvement ou le mariage forcé.
Pour le CNIN, une recommandation du rapport touche directement à son cœur de métier. Le document invite à renforcer les investigations sur les réseaux criminels grâce à des formations aux techniques d’enquête financière et numérique. L’objectif consiste à remonter les filières jusqu’à leurs organisateurs, alors que les poursuites atteignent surtout les auteurs les plus directement identifiables, souvent issus de familles elles-mêmes en grande précarité. Or chaque étape d’une filière laisse des traces. Un recrutement sur les réseaux sociaux, un transfert par Mobile Money ou un échange sur une messagerie constituent autant d’indices exploitables par des enquêteurs formés comme ceux du CNIN.
La seconde journée a donné une forme opérationnelle à ces orientations. Réunis en groupes de travail, les participants ont révisé et harmonisé les activités prioritaires de chaque composante du projet, avant leur adoption en plénière. L’atelier s’est achevé par l’institution du comité de pilotage de PROTECT et par des échanges sur les prochaines étapes. Pour le CNIN, cette planification ouvre un cadre concret pour intégrer la dimension numérique à la lutte contre la traite, qu’il s’agisse de la formation des enquêteurs, de la qualité des données ou de la coopération entre pays d’Afrique de l’Ouest. Des suggestions liées à ces axes ont donc été proposées pour la version finale de la planification PROTECT.
